Pensées malades
Sebastien GRAPPE
le 12 June 2019
Pourquoi témoignez-vous ?
Je ne dirai pas que c’est bien de souffrir, mais quand on a une vie toute bien faite, on ne pense pas assez loin, assez profondément, on vit peut-être plus superficiellement. J’écrivais un tout petit peu, une page et puis après je ne savais pas comment continuer, je perdais l’envie et j’oubliais presque ce que j’avais commencé. Quand Christelle [la biographe hospitalière de Traces de Vies] venait, cela m’obligeait à continuer, à vraiment faire quelque chose qui tienne.
Il y a beaucoup de choses que je n’aurais jamais dites à personne dedans, ce qui m’embêtait le plus était de rendre les autres tristes à côté, donc, maintenant que ça va, on peut leur dire ou leur faire lire.
Description de l'oeuvre
"Août 2017. Cela va faire un bon mois que je suis ici, à l’hôpital, dans ma chambre, ma petite prison. J’aimerais bien partager cette fatigue du temps qui passe, cette atmosphère ; ici on perd la notion du temps, on a l’impression d’être dans notre bulle, ça permet davantage de se focaliser sur soi. D’un autre côté je me demande si, en dehors, on ne profite pas assez, et si vivre, ce serait l’absence de trouble, oublier son corps, ne pas ressentir de douleurs. C’est quand ça va mal qu’on se rend compte… Ici on a l’impression d’être moins vivant, on profite moins, on est moins en forme, mais on se demande si ça ne permet pas de se rendre vraiment compte de la valeur de la vie."
Découvrir l'oeuvre
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